Intimiste, introspective, humble, la musique de Félicia Atkinson, en ce soir glacial de janvier, nous réchauffait comme une étreinte.
Sur scène, trois quarts dos, face à son piano, dans une semi-pénombre, elle nous enveloppait de mélodies drapées dans des captations sonores de paysages recomposés, morcelés et rapiécés comme des êtres fragiles.
Discrète et pudique, ses murmures et chuchotements nous parvenaient à la frontière de l’audible. Parfois sourds, parfois perceptibles.
« Je suis avec toi »

Seul à l’intérieur de moi-même et au milieu des autres, comme un Thinking Iceberg, je me laissais flotter juste sous la surface, à l’abri du vacarme extérieur, hors les murs du Périscope.
Dans Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche écrit :
« C’est de mon âme la plus sage exubérance et bienveillance de ne point cacher son hiver et ses tempêtes de neige ; elle ne cache non plus ses engelures.
Pour l’un, la solitude est l’abri du malade ; pour l’autre, la solitude est l’abri contre le malade. »
À la fin de cette parenthèse enchantée, lorsque les lumières se sont rallumées et que le brouhaha reprenait, je suis resté un moment, à l’angle de la salle, avec mes questions et mes phrases probablement entendues des centaines de fois. Il fallait que je me dépasse pour dire ce que j’écris. Les mots ne me parviennent jamais qu’en différé.
Au lieu de cela, je me suis tu et suis parti comme un fantôme, emportant dans cette nuit d’hiver la douceur de ses mélodies éthérées.
Le Périscope – Lyon – 16.01.2025
Mickaël Petit © Rivages Sonores
