Sébastien Berlendis x Les Marquises : mémoire(s) d’un oubli

Pour cette fin de résidence portée par le Dôme de Saint-Claude dans le Haut Jura, Sébastien Berlendis propose une expérience multi-média, faite de la lecture de son roman en cours d’écriture (Limon Blanc), de ses photographies argentiques (Noire Combe), de films en surimpressions et de musique aussi, avec un concert du projet « Les Marquises » de Jean-Sébastien Nouveau.

Un moment qui se raconte plutôt qu’il ne se décrit. Raconter laisse de la place à la subjectivité et à la poésie.

Alors voici, ce que j’ai emporté avec moi de ce moment :


Que reste-il de nos proches lorsque la mémoire se perd comme l’écho d’un chant étouffé au fond d’une vallée endormie ?

L’urgence de se souvenir, de recoller ensemble les fragments d’une histoire dont nous ne sommes qu’un personnage secondaire. 

Un randonneur solitaire, un écrivain un peu photographe, parcourant les sentiers froids et humides de paysages recomposés.

Pas tout à fait le Jura, ni le Vercors non plus. Cet endroit qui se dit être un ailleurs, étranger et familier à la fois, est en fait une tentative de fac-similé. Ses contours imprécis, comme une ligne de crête effacée par la brume, ne permettent plus tout à fait de distinguer l’histoire de son récit.

Une absence. C’est ainsi que l’on nomme la mémoire quand elle se dérobe. Pour nous habituer à elle : l’absence.

En écrivant, peut-être s’accroche-t-on au vêtement que le corps a déjà quitté. On tente de retenir l’odeur du parfum encore accrochée aux fibres du tissu, et qui fera ressurgir les souvenirs dans un vague à l’âme qui ne dit pas son nom. 

Pour que « la remémoration ne soit pas de la nostalgie ».

Mickaël PETIT © Rivages Sonores


Lire les romans de Sébastien Berlendis :

Ecouter « Soleils Noir », le dernier album de « Les Marquises » :

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