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We Have Survived Another Year (2025) • Une rétrospective idéalisée

Survivre à une année n’a rien en soi d’un exploit : le temps a passé, quelque chose en nous s’est déplacé, et nous sommes encore là. Ni indemnes, ni tout à fait identiques.Cette playlist ne célèbre rien d’autre que ce déplacement dans le temps, avec et malgré nous. We Have Survived Another Year (2025) se construit comme le récit intérieur et personnel de cette année 2025. Une traversée au gré des musiques, que je souhaite partager avec vous. Une confidence. Chaque titre de cette playlist s’articule autour d’une même idée : survivre est un combat perdu d’avance, mais c’est aussi…

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Raphael Roginski : L’impossible retour

Le jeu de guitare de Raphael Roginski emprunte des voies inexplorées : il effleure les cordes, les frotte, les percute.Il ne cherche pas la note juste, mais la texture, la tension, l’éraillement. Car c’est là, dans la complexité des accidents, que se cache la vérité nue, lorsqu’elle se défait de son récit. Sa musique est un carnet de voyage dont les pages seraient restées intentionnellement vierges, pour ne pas figer le souvenir des paysages traversés, et laisser à la mémoire le soin d’en redessiner les contours.Elle est comme une rivière qui se dessine au fil du courant, au fur et…

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Foudre! • Voltae (Chtulucene) : Chamans Electriques

Le Périscope, transformé en sanctuaire païen, vibre sous les incantations de Frédéric D. Oberland, Romain Barbot alias Saåad, et Paul Régimbeau alias Mondkopf.Foudre! est un cerbère, gardien d’une force primitive qui ne demande qu’à être libérée. Avec Voltae (Chtulucene) paru chez Nahal Recordings, le trio propose un album envoûtant, à la fois dystopique et prophétique. Si la terre venait à s’ouvrir sous nos pieds, de cette plaie ouverte et incandescente nous parviendrait sans doute le grondement tellurique et électrique de Foudre!, comme le râle d’un monde au bord de l’implosion.L’auditoire s’était rassemblé sur le rebord de cette fosse rougeoyante, absorbé…

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Max Cooper – On Being : l’empathie comme moteur de création

Et si l’on inversait le sens de la création musicale ? Plutôt que de puiser en lui-même, Max Cooper a choisi de se tourner vers les autres, de chercher son inspiration dans ce que chacun et chacune garde en silence. Pendant deux ans, l’artiste britannique a recueilli des centaines de confessions anonymes, de pensées intimes, en réponse à des questions qui résonnent comme des invitations à l’introspection : « Que souhaiteriez-vous exprimer que vous ne pouvez dire dans la vie quotidienne ? », « Qu’est-ce que ça fait d’exister dans votre tête ? » Que disons-nous quand nous ne disons…

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Tim Hecker • Shards : de l’or entre les éclats

Shards est une collection de morceaux initialement composés pour différentes bandes originales de films et de séries entre 2020 et 2022. On y retrouve des bribes d’Infinity Pool, The North Water, Luzifer ou encore La Tour. Des éclats, qui, rassemblés ici, trouvent une nouvelle résonance. À la manière d’un kintsugi — cet art japonais qui répare les céramiques brisées avec de l’or — Shards assemble ces fragments en un tout. La signature sonore de Tim Hecker, faite de nappes granuleuses, de tensions harmoniques, de dissonances subtiles et de textures incantatoires, est ce qui scelle ces morceaux épars en un ensemble.…

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Festival Synth Chapelle : retour vers le futur

Au tournant du XXe siècle, un nouvel univers sonore s’ouvre aux compositeurs. Des instruments inédits émergent, électrisant la création musicale : le Theremin, éthéré et spectral, les Ondes Martenot, fascinantes et expressives, puis les synthétiseurs modulaires et leur inépuisable palette de sonorités. Ces instruments offrent alors un vaste terrain de jeu où le son se façonne par tension et modulation. Une révolution est en marche : celle des musiques électroacoustiques, qui font le pont entre l’héritage classique et l’exploration de territoires sonores encore inconnus. Pour apprivoiser ces outils aux possibilités infinies, deux approches s’opposent : se défaire des règles établies…

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Reveries • Dawn Chorus and the Infallible Sea : Tenir le cap dans le tumulte

Il y a des journées où tout semble peser un peu plus lourd que d’habitude, où je me heurte au monde, où tout devient un obstacle. Ces journées-là ressemblent à une cacophonie écrasante aux contours flous et inintelligibles, une brume épaisse au travers de laquelle on ne voit pas plus loin que ses propres limites. Ces jours-là, seule la musique sait dissiper le brouillard. Il suffit d’un disque pour retrouver un peu de légèreté. Un de ces disques qui serait comme une rencontre et avec lequel s’engagerait un dialogue qui laisserait la place au doute, à l’hésitation, à l’incertitude.Reveries de…

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L’effondrement selon Ben Frost & Greg Kubacki

La musique, c’est ce qu’il reste quand tout s’écroule. Ce qui tient le ciel quand la nuit tombe. Ce feu qui brûle encore à l’intérieur quand tout en nous est gelé. Ce soir-là, tout a tremblé : les murs, la terre, nos corps. J’ai cru un instant que le plafond de l’Alhambra allait s’ouvrir en deux, comme on ouvrirait une cage thoracique pour atteindre le cœur. Pour qu’il batte ou qu’il trouve une raison de le faire. Ce soir-là avait quelque chose d’un effondrement. C’est de cela qu’il est question avec Scope Neglect, l’album qui fut joué. Ben Frost et…

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Stephen O’Malley • Remember What You Have Had : tant que la musique demeure

Une pièce musicale dont j’aurais aimé étendre la durée. On dit que tout ce qui est bon a une fin. Je déteste cet adage, que je perçois comme une excuse à une sorte de médiocrité normée, dans laquelle il faudrait s’accommoder d’un ennui lancinant ponctué de quelques épiphénomènes radieux. Pourquoi diable faudrait-il que ce qui nous fait du bien se termine ? Ce qui nous fait du bien ne devrait jamais se terminer. Nous devrions le couver comme la flamme d’une bougie et le chérir comme un amour véritable. Pendant 35 minutes, les musiciens, dispersés sur deux niveaux et sur…

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Félicia Atkinson : Confidences sous la surface

La musique de Félicia Atkinson au Périscope, salle de concert à taille humaine de Lyon, lors d’une froide soirée de janvier intime et introspective. Après ce moment enchanteur, je suis parti, emportant avec moi le souvenir d’un lieu imaginaire. Ce que je dis pas, je l’écris, ici, dans des cahier, dans ma « mémoire poétique ».

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