Fume • Data Sapiens

Fume est un projet audiovisuel créé par Maximilianas Oprishka, artiste lituanien mêlant musique électronique expérimentale et art visuel numérique. Si la palette sonore développée dans sa musique évoque une certaine proximité avec les sonorités radicales du label Raster et plus particulièrement de David Lettelier (aka Kangding Ray), l’approche de Fume semble vouloir être avant tout narrative et propice à la réflexion, questionnant notre rapport à la technologie et l’influence de l’intelligence artificielle sur le futur de l’espèce humaine.

Sur son premier LP (Luminance) paru chez Suru Records, Fume façonne des atmosphères obscures et immersives, en s’appuyant sur des textures massives et granuleuses mises en relief par des rythmiques lourdes et glaciales. Le futur, tel que décrit par Fume, ressemble à un film de Ridley Scott où l’humain peine à trouver sa place. 

Avec Data Sapiens, Fume poursuit sa réflexion sur les dilemmes éthiques que représente notre fuite en avant vers un avenir fait d’algorithmes et de flux incessants de données. Data Sapiens est un album sur l’évolution, la fin du règne de l’Homo Sapiens et la possible naissance d’une version améliorée et désincarnée de nous-mêmes. 

Fume décide de rompre avec les rythmes électroniques massifs pour bâtir un second album à la fois cinématographique et organique reposant essentiellement sur l’usage de voix, cordes et machines analogiques. Dans cet « opéra » d’anticipation, l’Homo Sapiens, imparfait et primitif est représenté par des voix masculines (Kazimieras Likša, Benas Baranauskas, Karolis Navašinskas) ; sa version futuriste, immatérielle et céleste, par des voix féminines (Rasa Dzimidaitė, Simona Navašinskienė, Rožė Dzimidaitė). Le dialogue entre ces deux représentations de nous-mêmes repose sur des arrangements aérés plaçant les cordes à l’avant poste et sublimés par un mastering signé Rafael Anton Irisarri, figure incontournable de la scène ambient et drone.

Data Sapiens est un album narratif dont nous recommandons une écoute chronologique pour se laisser pleinement emporter par le récit d’une prophétie en deux mouvements.

La première moitié de l’album semble consacrée à l’Homo Sapiens et fait la part belle au violon de Lora Kmieliauskaitė alternant nappes éthérées (In), litanies en staccato (Polaris) et mélodies plaintives (Epsilon, Ar). Des voix célestes s’élèvent dans le lointain comme pour nous guider dans l’obscurité façonnée par le violoncelle de Arnas Kmieliauskas texturé et presque percussif par endroit. 

Sigma est le point de pivot entre le premier et le second mouvement de l’album, une passerelle entre l’organique et le désincarné. Les voix et les machines prennent subtilement le devant de la scène sonore. Fume fait s’entrelacer les voix naturelles et les voix remodelées par des outils numériques (Alpha & Omega, Deus), jusqu’à ce qu’on ne perçoive plus finalement qu’une nouvelle matière sonore, ni totalement humaine, ni totalement numérique (Soma).

Data Sapiens est paru le 22.02.2021 chez Suru Records

La somptueuse édition vinyle conçue par OPDN et limitée à 300 exemplaires sera disponible prochainement.

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