Il y a des artistes dont la musique jalonne les sentiers de nos vies. Sans savoir pourquoi, ni par quel heureux hasard, elle devient indissociable de certains moments clés.
En 2003, encore étudiant en design, je découvre Apparat, alors membre du label Shitkatapult. J’y découvre une musique décloisonnée, à la fois électronique et organique. Les frontières n’existent que pour ceux qui les érigent.
En 2012, j’habite Montréal. Quelques jours après avoir appris que j’allais devenir père, je fais pour la première fois l’expérience de la musique d’Apparat en live, au festival MUTEK, lors de la tournée de The Devil’s Walk. Durant tout le concert, je pense à ma fille : que perçoit-elle de ce moment depuis le ventre de sa mère ?

Plus tard, à Nantes, dans le petit appartement où nous avions élu domicile à notre retour en France, et alors que ma fille n’avait que quelques semaines, un extrait de Krieg und Frieden accompagnait un montage vidéo faisant office de faire-part de sa naissance. Pourquoi ce titre ? Pourquoi cet artiste ? Nouvelle incursion de la musique d’Apparat, sans que cela soit pour autant un choix conscient.
Puis d’autres concerts, certains avec Moderat, au Transbordeur déjà, c’était je crois, en 2014.
En février dernier, j’avais mes billets pour une date de sa tournée à Genève, dans le cadre du festival Antigel. La veille, mon cœur s’emballe et je suis hospitalisé en urgence. J’ai bien cru que la musique ne jouerait plus jamais.
Alors, hier soir, ce concert, à Lyon cet fois, ce fut une réparation. Ce qui aurait dû être, fut.
Tout cela pour dire qu’un concert, représente souvent davantage qu’une expérience de musique live. On y vient avec ce qu’on y emporte, avec notre histoire et nos attentes.
Hier soir, j’ai senti mon cœur battre dans ma poitrine, animé par la résurgence de ces souvenirs et des émotions qui les accompagnent, encore intactes.
Mickaël PETIT © Rivages Sonores
